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Quand les frères et soeurs vont trop loin

D’après les ornithologues, le «fratricide aviaire» (c’est-à-dire l’assassinat d’un oisillon par un frère ou une soeur) est un phénomène bien connu.

Les enfants humains assassinent rarement leurs frères et sœurs, mais chaque parent humain peut attester du fait que les agressions sont fréquentes dans la fratrie !

Et quand un parent voit son enfant devenir agressif envers un autre de ses enfants, c’est vraiment difficile à supporter.

Voir nos enfants taper, insulter, casser des objets, menacer, se battre, mordre peut vraiment nous amener à la limite de notre patience et de notre tolérance. C’est choquant et inadmissible !

Et pourtant, c’est souvent un passage obligé dans le développement des enfants. Un passage plus ou moins intense, plus ou moins long. Mais chaque enfant traverse des phases d’agressivité, chacun l’exprimant à sa manière. C’est normal puisque jusqu’à environ 7 ans, c’est très difficile voire impossible pour eux de réguler leurs émotions et contrôler leurs impulsions. Ils mettent plusieurs années à acquérir ces compétences. C’est normal que les enfants soient parfois rebelles, sauvages, provocateurs et agressifs par moment.

Surtout en période de stress. C’est encore pire quand ils font face à des évènements stressants comme la naissance d’un frère ou d’une sœur, un déménagement, un changement d’école, des tensions entre leurs parents…

C’est normal. Maintenant, si le comportement agressif devient un problème récurrent, il est important d’aller enquêter sur ce qui est difficile pour « l’agresseur ». Il y a surement des choses à explorer comme des sentiments difficiles et des besoins non satisfaits qui provoquent ce comportement chez lui.

Comment les aider ? En posant des limites avec empathie.

Les enfants n’ont pas besoin que nous acceptions tous leurs comportement. Ils n’ont pas non plus besoin qu’on sorte de nos gonds et qu’on s’énerve.

Non, ils ont besoin de limites qui aident à assurer la sécurité de tous. Et ils ont besoin que nous acceptions et prenions en compte tous leurs sentiments, bons et mauvais. Que nous les acceptions qu’ils soient heureux, tristes ou enragés. C’est ce qui leur permet de se sentir en sécurité.

Et pour vraiment mettre ça en pratique, nous devons maintenir le contact, la chaleur, l’empathie et le soutien, en particulier lorsque nous intervenons pendant une agression ou une dispute et quand nous fixons des limites.

Plutôt que de tout faire pour que la bagarre s’arrête immédiatement, nous devons les aider à ne plus avoir besoin d’être agressif. Vous me suivez ? Il ne s’agit pas que de stopper le comportement, il s’agit de s’intéresser à la cause profonde de ce comportement. C’est la même différence qu’entre arrêter l’alarme à incendie et éteindre le feu.

Quand les enfants sont submergés par leurs émotions, ils peuvent agir violemment. La peur, la colère, la frustration ont tendance à pousser l’enfant à devenir agressif. Les enfants ne veulent pas être violents, c’est quelque chose qui leur fait peur. Ils sont effrayés de se faire emporter par leur tornade émotionnelle. Mais ils ne peuvent pas se réguler tous seuls sans notre aide. Nous devons intervenir physiquement tout en leur parlant avec autant de clame et d’empathie que possible.

C’est plus facile à dire qu’à faire. Je l’avoue. Mais quand vous avez compris l’intérêt de cette approche, vous arriverez beaucoup mieux à gérer votre propre colère.

Quand les enfants se rendent compte que, quand ils ont des sentiments difficiles ils sont accueillis de manière empathique, leur comportement agressif diminue vraiment. Et ils savent qu’ils peuvent avoir confiance en vous. Ils ont donc tendance à chercher votre soutien plutôt que d’attaquer le 1er venu.

Que dire, que faire concrètement ?

«C’est dur d’être en colère. Je sais que tu sais que c’est pas ok de taper. Je veux t’aider à faire autrement quand tu ressens tout ça dans ton corps. »

En lui disant ça, ça atténue les sentiments de honte, de solitude et de peur du rejet qui le submerge dans ces moments là. Et ces sentiments ont tendance à réactiver des jalousies et des rivalités donc c’est top de pouvoir les atténuer.

Lorsqu’un enfant a refoulé plein d’émotions, il a une faible tolérance au stress. De simples petites demandes ou de petits obstacles peuvent déclencher chez lui un tsunami de stress. Il peut rire en jouant et la seconde d’après être hors de lui et dans tous ses états. Très souvent l’agression n’a rien à voir avec le moment présent, c’est souvent un vieux truc du passé qui n’a pas été résolu. Ou une accumulation de frustrations, de déceptions et d’injustices qui n’ont pas été exprimées.

Vos enfants ont besoin de vous pour les aider à changer plutôt que d’exiger qu’ils changent. Un enfant agressif est un enfant stressé. Et malheureusement, l’agressivité est ce qui suscite le moins d’empathie chez nous les parents. Et pourtant, c’est dans ces moments là qu’ils ont le plus besoin de notre aide.

La prochaine fois que votre enfant est agressif.

  • Dépêchez vous d’intervenir physiquement. Les cris et les mots lui ordonnant d’arrêter n’ont pas grand effet, sinon que de rajouter de l’huile sur le feu.
  • Mettez-vous à son niveau, stoppez-le physiquement, tout en lui exprimant votre limite aussi doucement que possible.
  • Connectez-vous vraiment à lui pour dissiper sa colère et sa peur.
  • Retenez ses mains si besoin. Dites-lui doucement et fermement : « je ne vais pas te laisser casser des choses », « je ne peux pas te laisser blesser ton frère ».

Proposez-lui des alternatives comme crier, déchirer un vieux magazine, piétiner le sol, râler, grogner, gribouiller une feuille avec énergie…. Si vous lui faîtes ces propositions en étant connecté à lui, pour le soutenir, pour l’aider à traverser ça, ce sera beaucoup plus facile pour lui de comprendre votre limite et vos conseils. Ce sera beaucoup plus facile pour lui de se calmer et de coopérer.

La dernière chose dont un enfant incapable de contenir sa colère a besoin est de se sentir honteux, méprisé ou rejeté. Ces sentiments accablent l’enfant, le révoltent ou le blessent vraiment ce qui ne fera qu’attiser son agressivité.

Evitez toutes ces phrases automatiques que nous avons beaucoup entendues pendant notre enfance :

«Tu devrais avoir honte de toi»,

«Je suis tellement déçu»,

« Le monde ne tourne pas autour de toi, tu sais »,

« Tu ne vas pas t’en tirer comme ça »,

«  T’es content maintenant que tu as réussi à faire pleurer ta sœur ?»

« Pourquoi tu peux pas être plus comme ton frère »,

« Va dans ta chambre et reviens quand tu seras prêt à faire partie de cette famille ».

Au contraire, ce sont les relations chaleureuses, les moments agréables, les jeux et les éclats de rire qui peuvent aider les enfants à dissoudre les sentiments difficiles. Lorsqu’un enfant traverse une phase de défi et d’agression, il y a beaucoup de tensions et de luttes de pouvoir entre lui et vous. Essayez de prendre le contre-pied en poussant le curseur sur le plaisir et le rire.

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