STICKY

A tous les parents qui, comme moi, utilisent les écrans comme babysitter !

47% des enfants de moins de 3 ans jouent tous les jours sur des écrans ! 10 écrans par foyer en moyenne, 4h36 d’écrans par jours pour les 8-12 ans. Ca devient normal. On ne se pose même plus la question.

J’avoue. J’utilise de temps en temps les écrans comme babysitter. Oui, il m’arrive d’être fatiguée et d’avoir envie d’un temps de liberté immédiate sans question, sans sollicitation, sans que mes chérubins ne me tournent autour…

Dans cet article :

  • Les avantages de l’écran-babysitter.
  • Comment l’écran transforme mes enfants ?
  • Nos astuces pour limiter le temps d’exposition.
  • Comment faire pour avoir un temps de tranquillité sans écran ?
  • Et moi, suis-je accro aux écrans ?

Les avantages de l’écran-babysitter

Alors en ce moment c’est la catastrophe ! J’utilise tous les jours les écrans comme baby-sitter depuis 2 semaines.

Quand j’ai un rendez-vous professionnel à distance ou un dossier à finaliser. Ou simplement et égoïstement, lorsque j’ai besoin d’un temps calme pour passer un coup de fil, m’épiler, m’offrir un séance de yoga dans le jardin…. j’appuie sur le bouton ON !

Et oui. J’y trouve de nombreux avantages. J’ai mon temps libre, mon temps de silence et en plus, j’ai le sentiment de faire plaisir aux enfants.

Comment l’écran transforme mes enfants

Mais voici ce que j’observe comme conséquences de ce temps passé devant un écran :

  • Leur passivité m’effraie. Je les observe, affalées dans le canapé à enchaîner les « princesse Sofia » ou à regarder pour la énième fois « Mon voisin Totoro ». Le cerveau et le corps sont sur off. Je n’ai même pas le sentiment qu’elles se détendent et se divertissent vraiment. J’ai plutôt l’impression qu’elles sont en mode lobotomisation.
  • Elles s’ennuient beaucoup plus vite pendant les périodes où la consommation d’écran est excessive. Elles perdent leur capacité à rêver et à créer. Les écrans empêchent d’apprivoiser la solitude.
  • Très souvent, elles ont envie de grignoter des sucreries.
  • Je vois les ravages de la lumière des écrans. Chez mon ainée, c’est flagrant ! En la mettant devant un écran, je la mets sous opioïdes. Et lorsque la séance est terminée, ça déclenche chez elle, une chute brutale d’opioïdes. Cette chute brutale déclenche le circuit de la douleur et cela s’exprime par une sensibilité à fleur de peau, une gestion des émotions cahotique, une frustration gigantesque, une difficulté à communiquer et à se concentrer pendant plus d’1h. Il y a vraiment un bug dans son cerveau.
écran 2
  • La semaine dernière, j’ai aussi été surprise par leur fonctionnement en mode zapping. D’un côté, je suis fasciné par leurs capacités à utiliser le trackpad de l’ordinateur ou à naviguer sur la tablette. D’un autre côté, je vois leur façon de consommer en mode zapping. C’est à dire d’enchaîner les activités, de changer de dessin animé, de passer à la chanson suivante, de passer d’un aliment à l’autre sans en savourer le goût… Lorsqu’elles passent trop de temps sur les écrans, je vois qu’elles ont envie de consommer de la même manière dans plein de domaines de leur vie.


On est loin des moments de détente et de contemplation dont je parlais dans l’article

« Les 6 p’tits bonheurs des vacances en camping en famille » .

Vivement que nous repartions en vadrouille !

souvenir télé

Entre culpabilité et responsabilité

Je trouve que c’est cher payé pour quelques minutes de tranquillité.

Mais honnêtement, ce fonctionnement de facilité ne me convient pas du tout. C’ est très loin des valeurs que j’ai envie de transmettre à mes enfants. Et je culpabilise d’agir ainsi. Alors comme c’est une situation temporaire (période de travail intense pendant les vacances estivales), j’essaie de faire preuve de bienveillance envers moi… mais je culpabilise quand même. Vous savez bien que la culpabilité est LE super virus qui contamine tous les parents. 😉

Elle est pesante cette culpabilité. Mais là, elle agit comme un signal d’alarme pour me prévenir d’être vigilante. Elle m’informe que ce comportement ne doit pas s’installer et se transformer en habitude.

Quelques parents dans mon entourage défendent l’idée que l’enfant, même très jeune, s’il est responsabilisé, développe son autonomie, son libre-arbitre face aux écrans. Ces mêmes parents partagent la conviction que s’il n’y a pas d’interdit mais, à la place, une extrême confiance, alors, l’enfant saura réguler le temps passé devant les écrans.

Et bien moi j‘ai bien du mal à y croire. Vu les réactions de mes filles après un long temps d’exposition, je crois qu’il est de ma responsabilité de leur apprendre à limiter tout ça.

Nos astuces pour limiter le temps d’exposition

Du coup, voici ce que nous avons mis en place, expérimenté et ajusté chez nous.

  • Déjà nous n’avons pas de télé. Les programmes sont choisis. Il n’y a pas de fond sonore en permanence chez nous. L’écran est allumé et éteint en conscience.
  • Pas d’écran avant la fin de matinée. Le matin est réservé à la convivialité du petit déjeuner et aux activités créatives.
  • Les enfants ne regardent pas les écrans après 19h en général. Pour éviter d’être excité en fin de journée.
  • Pas d’écran pendant les repas sauf si nous nous organisons une séance ciné familiale sur le canapé avec un plateau repas.
  • Pas d’écran dans les chambres.
  • Nous avons mis en place un système de tickets. Chaque semaine, elles disposent chacune de 3 tickets pour un documentaire, un petit dessin animé, un temps de jeux vidéo. Et elles se partagent un ticket supplémentaire pour un long dessin animé.
  • Nous discutons du choix des programmes avant. Puis nous échangeons sur ce qu’elles ont regardé. Nous nous intéressons à leur univers. Nous discutons ensemble de leurs programmes.

Et mon temps de tranquillité alors ?


Ok, c’est bien beau de limiter leur temps d’exposition et de mettre en place des règles mais j’y perds mon temps de tranquillité moi ! !

Alors là aussi, nous avons notre technique.

Quand j’ai besoin d’un temps pour moi,

  • Je le planifie. Je prévois un temps avec un début et une fin.
  • J’en informe Les enfants en leur disant que « j’ai besoin d’un temps pour…, vous ne me dérangez pas. Ni pour me parler, ni pour me faire un bisou, ni pour me demander quelque chose…pendant x temps. Sauf évidemment si il y a une urgence. » Nous nous mettons d’accord sur les urgences pour éviter tout malentendu. Non, un crayon rouge usé n’est pas une urgence ! 😉
  • Et je mets un timer ou je leur donne une heure pour se repérer dans le temps.
  • Pour être sûre qu’ils ont bien imprimé ma requête, je répète plusieurs fois l’information.
  • Je leur propose des choses à faire pendant ce temps là.
  • Et nous partageons un moment de complicité, de jeu, de lecture ou de câlins avant ma pause.

Voilà comment je peux faire des pauses de 2h sans utiliser l’écran comme babysitter.

Pour arriver à ce respect mutuel des temps de pause, il a fallu beaucoup de répétitions et de nombreuses discussions sur le canapé pour ajuster les règles ensemble.

Il m’a fallu également me poser et réfléchir à ce dont j’avais vraiment besoin pour pouvoir ensuite leur faire une demande claire et précise que je leur exprime avec aplomb et bienveillance.

Bien sûr, à chaque fois, je les remercie du fond du cœur d’avoir respecté notre entente.

Il va falloir montrer l’exemple !

Et oui ! 😉

Combien de fois regardez vous votre smartphone par jour ? Etes-vous accro à facebook et autres réseaux sociaux ?

Combien d’écran à la maison ? Combien de temps passez-vous sur votre écran ?

Quelle place a l’enfant, quand nous avons tous le nez sur un écran ? 

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Pour voir de manière objective le temps passé sur écran, j’ai utilisé l’application Rescue Time. J’ai été bien surprise !

Gardons en tête que les enfants apprennent par l’exemple ! L’apprentissage passe par le mimétisme.

Pour me désintoxiquer, je pense à

  • Désactiver les notifications
  • Ne regarder mes mails qu’1 fois par jour
  • Avoir un compte pro et un compte perso
  • Ne pas dormir avec mon smartphone
  • L’oublier volontairement lors d’une ballade
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Nous passons beaucoup trop de temps devant nos écrans. Et nous nous plaignons de ne pas trouver une minute pour souffler. Il n’y a pas une petite incohérence là ?

Combien d’heures passez vous à côté des moments qui devraient être précieux dans votre vie ?

Profitez des vacances pour vous brancher sur vos sens. Pour vous brancher sur la chance d’être là ensemble. Réapprenez à vous amuser !

« Aucune technologie ne pourra remplacer la chaleur d’un câlin, la douceur d’une caresse et l’intensité d’un regard »

Comments 2

  1. Dominique
    8 septembre 2018

    Merci pour cet article. J’ai une question : en quoi avoir un compte pro et un compte perso va limiter notre temps d’écran ? J’ai plutôt l’impression que ça fait plusieurs comptes à vérifier donc du temps en plus et non en moins ?

    1. marine
      10 septembre 2018

      Bonjour Dominique !
      oui avoir des comptes séparés permet, selon moi, de mieux distinguer nos temps de vie pro et familial.
      Par exemple, si je suis en vacances, je me déconnecte de mon boulot, pas question de se laisser embarquer avec un mail du boulot qui va peut-être m’amener à faire des recherches sur le web, vérifier un dossier…
      De la même façon, pendant ma journée de boulot, je me déconnecte de mon compte perso. Ainsi, je serai moins tentée d’aller lire cette chouette newsletter, puis découvrir un nouvel article de blog et de continuer à explorer les liens super intéressants que j’ai trouvé dans cet article… oh et puis, ça me fait penser à ma copine, si j’allais faire un tour sur facebook pour voir ce qu’elle devient.
      C’est parfois très rapide de se laisser embarquer dans un enchainement d’action sur écran ! Qu’en pensez-vous ?

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