Comment rompre l’isolement des parents ?

C’est beaucoup trop compliqué d’élever un enfant seul !

Comme la majorité des parents, j’ai moi aussi, été complètement désorientée à l’arrivée de mon premier enfant. Et pourtant, j’avais une situation privilégiée. Grâce à mon métier d’assistante maternelle, j’étais très à l’aise pour les soins, les changes et la lecture des besoins physiologiques de base = première chance. Ma deuxième chance a été de ressentir tout de suite de l’attachement pour mon bébé. Or, il faut parfois du temps pour que la rencontre se fasse entre un parent et son nouveau né. Et pour couronner le tout, j’étais accompagnée dans cette aventure par un conjoint aimant et présent = troisième chance, la plus précieuse.

La situation semble idyllique et pourtant, cela ne m’a pas empêchée d’être écrasée par la responsabilité d’être parent, d’être vidée par le manque de sommeil, d’être perdue seule avec mes questionnements, d’être assaillie par plein d’émotions contradictoires et par des souvenirs de mon enfance… bref, d’être emportée par une tornade ! J’ai connu la culpabilité de ne pas être assez cela ou trop ceci. Vers les 5 mois d’Avril, la bulle n’était pas si idyllique que ça.

Avec un déménagement, une pause professionnelle de 9 mois et l’éloignement géographique de ma famille, je me sentais souvent très seule face à ce bébé qui me pompait tellement d’énergie 24h/24 et 7j/7 et qui ne s’endormait que dans mes bras.

Un jour, j’ai trouvé l’énergie (ou l’instinct de survie) pour pousser les portes du Café des enfants — Al’abord’âge à Nantes.

Après quelques visites, le cercle vicieux de l’isolement s’est rompu. J’ai rencontré des adultes qui partageaient la même fatigue, le même manque de patience et la même culpabilité. Quel soulagement !

Puis, un pas après l’autre, j’ai écouté mes propres besoins et j’ai trouvé des solutions pour les respecter. Et après l’arrivée de mon deuxième enfant, j’ai fait la rencontre de personnes extraordinaires qui partageaient les mêmes valeurs éducatives que moi, grâce à l’association Mater’Nantes.

Les raisons de se sentir isolée sont nombreuses : séparation, décès, déménagement, arrêt de travail, maladie, handicap ou juste le choix de couver son bébé… De toutes les histoires de parents esseulés, il faut retenir cette leçon : un enfant ne s’élève pas seul. C’est beaucoup trop compliqué ! Chaque parent a besoin de faire une pause de temps en temps, de confier son enfant quelques heures, un week-end… d’échanger sur ses doutes, de trouver des astuces pour avancer, de s’inspirer de l’expérience d’autres parents bienveillants.

Et pourtant, souvent, on n’ose pas demander de l’aide

  • ni à la famille (par peur de se sentir jugé d’incapable ou d’entendre 1000 conseils qu’on a envie de fuir),
  • ni aux amis (ces amis sans enfants qu’on voit de moins en moins, ou ceux avec enfants par peur de leur rajouter du stress ou par peur des jugements et comparaisons)
  • ni aux voisins (par peur de déranger).

Alors on se replie sur soi et quand on nous demande de nos nouvelles, on répond “tout va bien, mon bébé est adorable !”. Je pense aussi, bien sûr, aux familles monoparentales (1 famille sur 5 en France) qui doivent tou mener de front. A ce parent solo qui rumine ses difficultés, ne parvient pas à les comprendre et qui peut voir son estime de lui et sa relation avec son enfant se détériorer.

Le cercle vicieux de l’isolement social s’enclenche rapidement : je déprime donc j’évite les autres pour ne pas les ennuyer. Comme j’évite les autres, je déprime davantage et donc je deviens déprimant pour les autres qui à leur tour commencent à m’éviter. Cela peut avoir des conséquences fortes sur la relation avec l’enfant comme : crier, réagir brutalement (pousser, serrer le bras…), l’insulter, le secouer ou le maltraiter.

Pour éviter d’en arriver jusque là, il faut se bouger tout de suite ! Il existe dans chaque ville des associations, des réseaux d’aide aux parents en difficulté, des accompagnements avec des professionnels (consultants en parentalité ou thérapeutes). Des lieux permettent de sortir de chez soi avec l’enfant, d’entrer en contact avec d’autres adultes et de favoriser la socialisation du tout petit.

Je vais donner comme exemples des adresses autour de Nantes mais n’hésitez pas à regarder ce qui se passe près de chez vous, il y a des groupes de soutien dans toutes les villes de France.

Et il y a bien sûr les cycles Vivre et Grandir Ensemble, créés par Catherine Dumonteil Kremer et que j'ai le plaisir d'animer sur Nantes et dans le 44 !

  • Au programme : partage, soutien, astuces, outils à tester au quotidien et pistes de réflexion à explorer en famille !
  • La formation Vivre et Grandir Ensemble, c’est prendre un temps pour soi et prendre soin de la relation avec son enfant. Quelque soit votre point de départ, vous vivrez une aventure au coeur de vous-même.
  • C’est aussi des moments d’écoute et de partage très riches entre parents qui peuvent traverser les mêmes difficultés. Au cours de chaque cycle, j’ai pu être émerveillée par de belles relations qui se créent et qui continuent de grandir après l’accompagnement.

Il est temps de décrocher votre téléphone, de ne plus avoir peur de déranger votre entourage et/ou de pousser les portes de ces lieux d’échanges et de soutien. Alors ACTION ! Vous n’êtes pas seuls !

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